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Ma technique repose désormais sur un principe nouveau que je surajoute à ceux du bauchérisme (Main sans Jambes et Jambes sans main, décomposition de la force et du mouvement, emploi exclusif des effets latéraux). Ce principe peut se comparer à celui de l’Aïkido et consiste à suivre, accompagner et amplifier les mouvements naturels et nécessaires de la locomotion du cheval, en particulier ceux de la nuque dont le rôle est de diriger toute la machine animale.

Il se conjugue avec, d’une part, l’éducation du cheval au « mouvement passif », qui est un mouvement imprimé à une ou plusieurs parties du corps du cheval sans susciter de mouvement réflexe en sens inverse, ce qui revient à abandonner le principe de l’action et de la réaction, et, d’autre part, avec la conservation de la neutralité de sa bouche à la mobilité jamais demandée mais spontanément accordée. Le cavalier, aux actions de main qui, par petites touches exclusivement réservées à la commissure des lèvres, s’inscrivent dans l’accompagnement, n’entre pas en conflit avec lui.

Cette équitation respecte la physiologie du cheval dans sa globalité avec une attention particulière à celle de la bouche et renonce ainsi à l’idée que l’on puisse fixer la tête du cheval soit à l’aide d’un enrênement, soit par la fixité de la main, soit en opposant résistance à résistance comme le préconisait Baucher, soit par des flexions forcées.

N’étant pas inhibé dans ses comportements et mouvements, le cheval s’apaise et, dans un relâchement musculaire sans tension, livre ses forces. Une nouvelle forme de relation s’établit ainsi entre les deux individus dans la douceur et le respect.

Cette manière de procéder s’inscrit donc dans la tradition équestre française.

L’observation du cheval en liberté fait apparaître que la nuque du cheval détermine et dirige tous les mouvements de la locomotion qui est dépendante des ondulations de la colonne vertébrale et en particulier de l’amplitude des mouvements de la tête et de l’encolure (locomotion reptilienne, le cheval doit être un swimming-horse, ondulant comme un dauphin). Le rôle de la main est donc d’amplifier ces mouvements vers l’avant et le bas, vers l’avant et le haut, vers l’avant et de côté, en sachant que lorsque le cheval pose un antérieur au sol, il monte sa nuque et que lorsqu’il lève un antérieur, il abaisse sa nuque. Et cela deux fois par foulée de pas.

À pied comme à cheval, le cavalier doit commencer par apprendre à suivre les mouvements de la bouche et sa main ne doit alors provoquer aucune réaction du cheval, ni fermeture de la nuque (source de stress) ni mobilité de la mâchoire inférieure (qui entraîne au niveau de la nuque des mouvements musculaires qui parasitent le contact constant avec la main et par conséquent la communication entre les deux individus). Ensuite, le cavalier apprend à amplifier le mouvement du cheval (dans les trois directions) avec la main puis à aider la main par pression du mollet du même côté. [Par exemple, si l’on veut augmenter un peu plus l’élévation de l’encolure obtenue au pas, il suffit d’amplifier les ondulations latérales ou d’augmenter légèrement la vitesse par pressions alternées des mollets pour que l’élévation soit plus importante sans action supplémentaire de la main]. Le cheval de son côté doit alors suivre la main qui amplifie son mouvement en conservant le sens du déplacement, il est dans le mouvement passif.


Le cheval, comme les humains d’ailleurs, n’est pas symétrique, et il semble ne pas être le même à une main ou à l’autre, dans ses déplacements et dans son mental. L’encolure est flexible d’un côté alors que de l’autre côté elle reste droite dans la demande de flexion et c’est toute l’encolure qui se déplace de côté à partir du garrot. Elle se soutient et s’élève plus facilement à main droite qu’à main gauche où elle se fléchit plus facilement en s’abaissant un peu, etc. On constate souvent que les hanches sont disposées légèrement à droite par rapport aux épaules, le postérieur droit exerçant sa propulsion en ligne droite vers l’antérieur droit et venant moins facilement en avant du postérieur gauche pour servir de pivot au tourner à droite ; que l’antérieur droit a plus de facilité au mouvement d’abduction (il vient souvent se poser presque à 90° de l’épaule) et le gauche d’adduction ( dans les tourners à gauche, il va donc avoir tendance à aller chercher le terrain plus en avant que de côté). Il s’agit donc de rendre harmonieux le fonctionnement d’un organisme dissymétrique par le développement général de la flexibilité des articulations, en particulier dans le travail sur de petits cercles se rapprochant de la pirouette sur le centre.

J'ai présenté ma méthode lors d'un plateau TV au Salon du Cheval de Paris en 2014. Depuis j'ai continué à l'affiner.

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